Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

Publié le par musy

Adichie Americanah Gallimard

Adichie Americanah Gallimard

Le livre :

Ifemelu est une belle jeune femme Nigériane. Poussée par son rêve américain, elle quitte l’Afrique pour rejoindre les Etats-Unis. Elle laisse son passé et Obinze, son amoureux de toujours. Mais arrivée à Philadephie, elle réalise le regard de la société américaine sur elle : sa couleur de peau est avant tout son identité. Ifemelu découvre le racisme qui sévit au quotidien dans la société américaine. Elle décide bientôt d’ouvrir un blog pour partager ses idées et sa vision de la société qui l’entoure...

Autour du livre :

Merci à Sandy, de mon club de lectrices, de m’avoir prêtée ce livre.

J’ai beaucoup aimé ce roman d’Adichie, auteur dont j’avais découvert le style puissant dans  « L’autre moitié du soleil », évoquant la déclaration d’indépendance du Biafra du Nigeria.

Un roman au sujet passionnant : le fait de ne pas se sentir intégrée du fait de sa couleur de peau et de ses cheveux  dans un pays qui se dit pays de la liberté et où chacun peut  en théorie réaliser ses rêves...

L’intérêt d’Ifemelu pour la candidature d’Obama à la présidence américaine m’a beaucoup intéressée car j’avais été passionnée par la candidature de cet homme de par la richesse de son parcours personnel et tout le symbole qu’il représente pour les noirs américains. Je vous recommande de lire « Les rêves de mon père : histoire d’un héritage en noir et blanc », biographie faite par Obama lui-même, qui est très intéressante et dont parle Ifemelu dans le roman. Dire que l’esclavage américain puis la ségrégation ne sont pas si loin d’aujourd’hui et que le racisme sévit encore…

Le fait qu’Ifemelu commence un blog pour s’engager dans un combat littéraire et social me touche car je suis persuadée que les blogs sont des plateformes d’expression formidables pour diffuser de la culture, des idées et tisser du lien humain.

On peut d’ailleurs lire des passages du blog d’Ifemelu comme des petits essais sur tel ou tel sujet social.

Un roman très intéressant  à découvrir porté par l’humanité d’Adichie, son humour, sa perspicacité sociale et politique…

Chimamanda Ngozi Adichie est une auteur nigériane née en 1977. Découvrez son portrait rapide fait par l'émission de La Grande Librairie à laquelle elle avait participé en janvier 2015.

Le roman est en cours d'adaptation cinématographique (date de sortie inconnue).

Les citations :

« Mes cheveux épais et naturels feraient leur effet si j’avais un entretien pour être chanteuse dans un orchestre de jazz, mais il faut que j’aie l’air professionnel pour cet entretien, et professionnel signifie avoir les cheveux raides. S’ils devaient être bouclés, il faudrait que ce soit des boucles de Blanche, souples, ou au pire des anglaises, mais jamais des cheveux crépus. »

« Cher Noir non américain, quand tu fais le choix de venir en Amérique, tu deviens noir. Cesse de discuter. Cesse de dire je suis jamaïcain ou je suis ghanéen. L’Amérique s’en fiche. Quelle importance si tu n’es pas « noir » chez toi ? Tu es en Amérique à présent. »

« (…) en Amérique ce sont les Blancs qui ont ce pouvoir. Comment ? Et bien, les Blancs ne sont pas traités comme de la merde par les classes supérieures  afro-américaines, les Blancs ne se voient pas refuser des prêts bancaires ou des hypothèques uniquement parce qu’ils sont blancs, les jurys  noirs n’appliquent pas aux criminels blancs des peines plus lourdes qu’aux criminels noirs pour des crimes identiques, les policiers noirs n’arrêtent pas les Blancs au volant de leur voiture, les entreprises noires ne refusent pas d’engager quelqu’un parce que son nom a une consonance blanche, les enseignants noirs ne disent pas aux écoliers blancs qu’ils ne sont pas assez intelligents pour devenir médecins, les politiciens noirs n’inventent pas des stratagèmes destinés à réduire les possibilités de votes des Blancs en manipulant les règles électorales, les agences de publicité ne disent pas qu’elles ne peuvent pas utiliser des mannequins blanches pour promouvoir des produits de luxe sous prétextent qu’elles ne représentent pas l’image du « chic » aux yeux du « grand public ». "

Marjolaine

Publié dans Conseils de lecture

Commenter cet article