Marina Bellezza de Silvia Avallone

Publié le par musy

Silvia Avallone Marina Bellezza Liana Levi

Silvia Avallone Marina Bellezza Liana Levi

Le livre :

Marina est belle et a un rêve : devenir la prochaine chanteuse pop d’Italie. Elle court les castings dans l’espoir de devenir une star et de laisser derrière elle sa vie de misère avec une mère fragile et alcoolique et un père absent. Andrea aime depuis toujours Marina mais lui a un autre rêve : reprendre la ferme de son père et se lancer dans l’élevage bovin...

Autour du livre :

J’avais très envie de lire ce livre, ayant découvert la plume de Silvia Avallone par Claire, une amie de mon club des lectrices.

J’ai beaucoup aimé « Marina Bellezza » par la force de ses personnages si humains qu’ils en paraissent réels et pour le style plein de vie de ce texte.

Marina incarne une jeunesse perdue, qui rêve à la gloire et à l’argent facile, aux paillettes et au luxe mais la célébrité rapide se paye durement… Andrea a un rêve plus terrien, fait de travail, d’efforts et de sacrifices. Leurs deux rêves semblent incompatibles pour ces deux être attirés l’un par l’autre, envers et contre tout.

Silvia Avallone dépeint une Italie en crise, avec du chômage, des industries en difficultés, de la misère sociale qu’elle connaît bien puisqu’elle vit là-bas.

Un roman fort à lire en écho à « D’acier », un autre de ses romans adapté au cinéma, présentant le quotidien de deux ados qui rêvent à une autre Italie que la leur.

Regardez une vidéo avec Silvia Avallone à la Grande Librairie !

Silvia Avallone est une écrivain italienne née en 1984 à Biella.

Une jeune auteur à suivre de près !

Les citations :

« Elle s’était préparée. Elle avait répété des dizaines et des dizaines d’interviews toute seule, devant la glace. Tout le monde le savait, maintenant, ce qu’il fallait dire, quelle expression avoir et quels vêtements choisir pour percer à la télé. Mais elle, elle était plus déterminée que les autres. Elle avait des couilles en béton armé, et elle ne permettrait à personne, personne, de lui passer devant. »

« La bibliothèque était composée d’une grande salle garnie de tables en noyer et de chaises de velours vert, où l’air était saturé de bois et de papier, de vieilles reliures, une odeur de silence englouti par les années. C’était un lieu magique et d’une beauté mélancolique, comme tout ce qui l’entourait. Un lieu de recueillement, fréquenté par quelques lecteurs tenaces, avec de vieilles estampes accrochées aux murs. L’une représentait un groupe de femmes penchées avec une grâce muette pour filer la laine, une autre un marcaire à la barbe longue guidant un troupeau de centaines de moutons sur le Bocchetto Sessera. L’après-midi s’éteignait peu à peu derrière les vitres. Il bruinait toujours, la lumière s’était obscurcie et ils étaient là, dans cette bibliothèque perdue au milieu des montagnes, seuls. »

« Parmi les téléspectateurs, cette fille n’avait plus de passé, de famille, d’histoire. Sa famille, ses amis, ceux qui la connaissaient ne voyaient pas Marina mais une autre créature, iréelle et sans mémoire, divine car libre d’exister dans l’instant même où eux n’existaient plus. Et cependant ils survivaient, cloués, enchaînés de l’autre côté, où la réalité est triste et vide, où les chambres sont mal rangées ; les fourneaux à nettoyer et les gens se trainent en savates, les enfants se fourrent le doigt dans le nez, et il y a les factures à payer, la vaisselle sale. De ce côté-ci : du côté sombre et muet du pays. »

Marjolaine

Publié dans Conseils de lecture

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