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Le ciel nous appartient de Katherine Rundell

Publié le par musy

violoncelle paris Rundell Les grandes personnes

violoncelle paris Rundell Les grandes personnes

Le livre :

Lorsque le paquebot Queen Mary sombre, un homme sauve de la noyade un étui de violoncelle dans lequel a trouvé refuge un petit bébé. Des années plus tard, la petite Sophie bénéficie de l’éducation fantasque, tendre, musicale et culturelle de son tuteur nommé Charles. Mais ce style de vie hors du commun ne plaît pas aux services sociaux de l’enfance qui veulent placer l’enfant dans un institut qui lui donnera une éducation convenable. L’homme et l’enfant décident de fuir à Paris, sur les traces du constructeur de l’étui de violoncelle qui pourrait donner à Sophie des informations sur sa famille…

Autour du livre :

Je remercie Sara de m’avoir conseillée ce livre à la couverture si attrayante (dessin d’Isabelle Arsenault).

Un livre que j’ai dévoré en quelques heures, passionnée par l’histoire de Sophie, son tuteur et leurs aventures.

J’ai beaucoup aimé l’éducation fantasque que lui donne Charles, pleine de liberté, fantaisie, culture  et tout en tendresse, loin des conventions habituelles de l’éducation classique qu’aurait eu Sophie en orphelinat.

La passion de Sophie pour son violoncelle, qu’elle aime jouer sur le toit de chez eux, me plaît car le violoncelle est un instrument délicat, peu facile à apprivoiser. Une de mes sœurs l'a pratiqué. De plus, il me rappelle le très beau morceau de musique « le cygne » de Camille St Saens qui valorise cet instrument dont il révèle toute la sensibilité dans une courte évocation de la fragilité du cygne dans son « Carnaval des animaux ».

L’amitié de Sophie pour les gamins de Paris, qui vivent entre ciel et terre et à qui « le ciel appartient » (donnant ainsi au roman son titre), me rappelle un personnage comme celui de  Gavroche, l’archétype du gamin des rues, dans mon roman préféré « Les misérables » de Victor Hugo. Le petit Matteo qui lui donne ainsi une leçon de liberté est très attachant.

J’avais déjà lu « L’infortune de Kitty Grey » de Mary Hooper de la même maison d’édition « Les Grandes personnes » que j’avais beaucoup aimé. J’ai envie de continuer à découvrir cette maison d’édition prometteuse.

Je vous conseille de lire « Les misérables » de Victor Hugo pour mieux découvrir l’histoire de Gavroche, l’éternel gamin de Paris.

Katherine Rundell est une auteur anglaise née en 1987.

Les citations :

« On trouva l’enfant soigneusement enveloppé dans la partition d’une symphonie de Beethoven. Il avait dérivé  à plus d’un kilomètre du paquebot, et fut le dernier à être secouru. L’homme qui le recueillit dans un canot de sauvetage était lui aussi l’un des passagers, et un érudit. Tout érudit se devant d’être un fin observateur, l’homme remarqua qu’il avait affaire à une fille. Elle avait des cheveux de la couleur des éclairs, et un sourire timide. »

« Le violoncelle qu’ils choisirent était petit, mais malgré tout trop volumineux pour qu’elle puisse en jouer dans sa chambre. Charles débloqua donc la lucarne du grenier, et les jours où il ne pleuvait pas, Sophie pouvait grimper sur le toit et jouer de son instrument, au milieu des feuilles mortes et des pigeons. »

Marjolaine

Publié dans Livres jeunesse

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L'arbe qui donna le bois dont on fit Pinocchio de Gourio

Publié le par musy

Gourio Pinocchio Julliard

Gourio Pinocchio Julliard

Le livre :

Le père de Giacomo est menuisier. Il fabrique des jouets en bois mais l’entreprise se porte mal… Son fils Giacomo part pour le village de Collodi, en Toscane, chercher le bois dont Gepetto fit le pantin Pinocchio. Ainsi, ils pourraient créer des pinocchios en série et sauver l’entreprise en faillite. Reste à trouver le fameux arbre d’où fut issu le pantin malicieux…

Autour du livre :

Suite à une émission de la Grande Librairie, présentant ce livre, j’ai eu envie de le lire. J’ai sauté dessus quand il est arrivé à la bibliothèque !

Mi conte-mi roman, cette histoire pleine de poésie, de douceur et de malice m’a enchantée ! Ce récit épistolaire, au cours duquel Giacomo raconte à ses parents son avancée dans la quête du bois magique, m’a beaucoup plu. J’avais bien aimé la narration sous forme de récit épistolaire des Liaisons dangereuses de Laclos (récit à l’ambiance beaucoup plus manipulatrice et moins magique !)

Gourio fait un éloge des artisans et en particuliers de ceux qui font des jouets en bois à l’ancienne, qui n’existent plus guère, concurrencés par les jouets en plastique ou électroniques faits à l’autre bout du monde. Le père de Giacomo fait des jouets en bois, à Moirans, dans le Jura. Cette activité existe toujours (en lien avec des produits fabriqués en Italie) !

La tendresse de Giacomo pour ses parents et pour son père qui est son incarnation familiale de Gepetto est touchante. On a envie de croire à ce conte pour sa magie d’un instant.

Le parc d’attractions dédié  au Pinocchio de Collodi (pseudonyme du vrai auteur du conte Pinocchio) existe en réalité !

Gourio, (auteur à succès des Brèves de comptoir) ami des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo, meurtris par les attentats de janvier et de novembre 2015, a choisi de dédier ce récit « A Carlo Collodi. Aux enfants des victimes des attentats de Paris, aux enfants malheureux, aux enfants joyeux, à l’enfance », sans doute pour espérer que le rêve puisse encore de nos jours être possible.

Un récit charmant à découvrir en écho avec la lecture du Pinocchio de Collodi (assez cruel et sombre) et son adaptation enchantée qu’en a fait Walt Disney.

Jean-Marie Gourio est un écrivain français né en 1956.

Les citations :

 (Dans une lettre à sa mère ) « Le rêve est un choix. Papa a choisi Pinocchio. Tu as choisi papa et ses pantins de bois. J’ai choisi de vivre avec vous et l’atelier qui sent le bois et la sciure. La peinture, le vernis. Le silence des jouets la nuit. Galdino m’a demandé si j’étais marié, si j’avais des enfants. Quand le soleil du matin entre dans l’atelier et fait luire nos poupées vernies, on croirait qu’il leur donne vie. 

« Dès ma naissance, j’ai vécu au milieu de ces pantins de bois que papa fabriquait. Je leur ai plus parlé que je n’ai parlé aux gens de chair et d’os. J’ai plus joué avec eux qu’avec les enfants de mon âge. Je leur ai confié mes joies et mes malheurs plus souvent qu’à quiconque. Je les ai plus écoutés que mes professeurs d’école. Je peux dire que j’ai été élevé au milieu des Pinocchio, comme un enfant sauvage grandit au milieu des loups. »

Marjolaine

Publié dans Conseils de lecture

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La vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe

Publié le par musy

Coe Sim gallimard

Coe Sim gallimard

Le livre :

Maxwell Sim est un raté. Il décide de répondre à une opportunité professionnelle : il sera VRP en brosses à dents sur les routes. Commence alors un road trip avec ses réflexions, son GPS qu’il surnomme « Emma » et les kilomètres qui défilent…

Autour du livre :

Merci à Caro de m’avoir prêtée ce livre !

J’avais beaucoup aimé « Testament à l’anglaise » et « Bienvenue au club » du même auteur.

Ce livre m’a beaucoup plu. Mr Sim est un loser pas très attachant mais les situations rencontrées, l’humour de l’écrivain font qu’on a du mal à lâcher le livre dont il se dégage une certaine poésie.

L’amour de Maxwell pour son GSP « Emma » est hilarant et donne du sel à ce voyage du personnage en quête de lui-même, de l’amour des autres et de sa propre estime.

J’ai toujours trouvé que les road trip sont intéressants en romans ou en films car ils laissent le personnage réfléchir à sa vie, tout en déambulant et en parcourant des paysages et en renncontrant des situations inattendues.

Ce livre a été adapté au cinéma en décembre 2015 avec Jean-Pierre Bacri dans le rôle de Mr Sim.

Un roman à lire en écho à l’excellent film / livre  « Into the Wild » qui conte l’histoire vraie de Christopher McCandless qui rêvait d’espace et de liberté et  de trouver un nouveau sens à son existence.

Jonathan Coe est un écrivain anglais né en 1961.

Les citations :

« C’était un vrai courriel, envoyé par une vraie personne. J’ai cliqué dessus, et j’ai été submergé par une vague de soulagement et de bonheur en lisant ces mots qui, sur le moment, m’ont paru aussi éloquents, aussi émouvants, aussi empreints de grâce et de sens que des vers de Shakespeare ou de tout autre poète universel.

Salut max serai à watford mercredi. On boit une bière ? bien à toi trev »

« Je suis peut-être farfelu, ll se peut que ma mémoire me joue des tours, mais quand cette exquise brosse à dents est passée de mes mains aux siennes, dans le silence suspendu qui régnait chez Miss Erith, au-dessus de Lichfield, sous le regard bienveillant et souriant du Dr Mumtaz Hameed, j’ai eu le sentiment de participer à une cérémonie religieuse, ou presque – c’est quoi, le mot déjà ? - , quelque chose qu’on pourrait presque dire, ou, c’est ça : sacramentel. »

« Les gays et les lesbiennes ont bien le droit de se marier, de nos jours, pourquoi on pourrait pas épouser son GPS ? Où est le mal ? Je croyais qu’on vivait dans une société d’ouverture, de tolérance, sans exclusion… Allez, qu’est-ce que tu en dis ? Epouse-moi, viens vivre avec moi et sois ma femme. Qu’est-ce que tu me réponds ?

Continuez tout droit sur l’autoroute. »

Marjolaine

Publié dans Conseils de lecture

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