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340 articles avec conseils de lecture

L'arbe qui donna le bois dont on fit Pinocchio de Gourio

Publié le par musy

Gourio Pinocchio Julliard

Gourio Pinocchio Julliard

Le livre :

Le père de Giacomo est menuisier. Il fabrique des jouets en bois mais l’entreprise se porte mal… Son fils Giacomo part pour le village de Collodi, en Toscane, chercher le bois dont Gepetto fit le pantin Pinocchio. Ainsi, ils pourraient créer des pinocchios en série et sauver l’entreprise en faillite. Reste à trouver le fameux arbre d’où fut issu le pantin malicieux…

Autour du livre :

Suite à une émission de la Grande Librairie, présentant ce livre, j’ai eu envie de le lire. J’ai sauté dessus quand il est arrivé à la bibliothèque !

Mi conte-mi roman, cette histoire pleine de poésie, de douceur et de malice m’a enchantée ! Ce récit épistolaire, au cours duquel Giacomo raconte à ses parents son avancée dans la quête du bois magique, m’a beaucoup plu. J’avais bien aimé la narration sous forme de récit épistolaire des Liaisons dangereuses de Laclos (récit à l’ambiance beaucoup plus manipulatrice et moins magique !)

Gourio fait un éloge des artisans et en particuliers de ceux qui font des jouets en bois à l’ancienne, qui n’existent plus guère, concurrencés par les jouets en plastique ou électroniques faits à l’autre bout du monde. Le père de Giacomo fait des jouets en bois, à Moirans, dans le Jura. Cette activité existe toujours (en lien avec des produits fabriqués en Italie) !

La tendresse de Giacomo pour ses parents et pour son père qui est son incarnation familiale de Gepetto est touchante. On a envie de croire à ce conte pour sa magie d’un instant.

Le parc d’attractions dédié  au Pinocchio de Collodi (pseudonyme du vrai auteur du conte Pinocchio) existe en réalité !

Gourio, (auteur à succès des Brèves de comptoir) ami des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo, meurtris par les attentats de janvier et de novembre 2015, a choisi de dédier ce récit « A Carlo Collodi. Aux enfants des victimes des attentats de Paris, aux enfants malheureux, aux enfants joyeux, à l’enfance », sans doute pour espérer que le rêve puisse encore de nos jours être possible.

Un récit charmant à découvrir en écho avec la lecture du Pinocchio de Collodi (assez cruel et sombre) et son adaptation enchantée qu’en a fait Walt Disney.

Jean-Marie Gourio est un écrivain français né en 1956.

Les citations :

 (Dans une lettre à sa mère ) « Le rêve est un choix. Papa a choisi Pinocchio. Tu as choisi papa et ses pantins de bois. J’ai choisi de vivre avec vous et l’atelier qui sent le bois et la sciure. La peinture, le vernis. Le silence des jouets la nuit. Galdino m’a demandé si j’étais marié, si j’avais des enfants. Quand le soleil du matin entre dans l’atelier et fait luire nos poupées vernies, on croirait qu’il leur donne vie. 

« Dès ma naissance, j’ai vécu au milieu de ces pantins de bois que papa fabriquait. Je leur ai plus parlé que je n’ai parlé aux gens de chair et d’os. J’ai plus joué avec eux qu’avec les enfants de mon âge. Je leur ai confié mes joies et mes malheurs plus souvent qu’à quiconque. Je les ai plus écoutés que mes professeurs d’école. Je peux dire que j’ai été élevé au milieu des Pinocchio, comme un enfant sauvage grandit au milieu des loups. »

Marjolaine

Publié dans Conseils de lecture

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La vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe

Publié le par musy

Coe Sim gallimard

Coe Sim gallimard

Le livre :

Maxwell Sim est un raté. Il décide de répondre à une opportunité professionnelle : il sera VRP en brosses à dents sur les routes. Commence alors un road trip avec ses réflexions, son GPS qu’il surnomme « Emma » et les kilomètres qui défilent…

Autour du livre :

Merci à Caro de m’avoir prêtée ce livre !

J’avais beaucoup aimé « Testament à l’anglaise » et « Bienvenue au club » du même auteur.

Ce livre m’a beaucoup plu. Mr Sim est un loser pas très attachant mais les situations rencontrées, l’humour de l’écrivain font qu’on a du mal à lâcher le livre dont il se dégage une certaine poésie.

L’amour de Maxwell pour son GSP « Emma » est hilarant et donne du sel à ce voyage du personnage en quête de lui-même, de l’amour des autres et de sa propre estime.

J’ai toujours trouvé que les road trip sont intéressants en romans ou en films car ils laissent le personnage réfléchir à sa vie, tout en déambulant et en parcourant des paysages et en renncontrant des situations inattendues.

Ce livre a été adapté au cinéma en décembre 2015 avec Jean-Pierre Bacri dans le rôle de Mr Sim.

Un roman à lire en écho à l’excellent film / livre  « Into the Wild » qui conte l’histoire vraie de Christopher McCandless qui rêvait d’espace et de liberté et  de trouver un nouveau sens à son existence.

Jonathan Coe est un écrivain anglais né en 1961.

Les citations :

« C’était un vrai courriel, envoyé par une vraie personne. J’ai cliqué dessus, et j’ai été submergé par une vague de soulagement et de bonheur en lisant ces mots qui, sur le moment, m’ont paru aussi éloquents, aussi émouvants, aussi empreints de grâce et de sens que des vers de Shakespeare ou de tout autre poète universel.

Salut max serai à watford mercredi. On boit une bière ? bien à toi trev »

« Je suis peut-être farfelu, ll se peut que ma mémoire me joue des tours, mais quand cette exquise brosse à dents est passée de mes mains aux siennes, dans le silence suspendu qui régnait chez Miss Erith, au-dessus de Lichfield, sous le regard bienveillant et souriant du Dr Mumtaz Hameed, j’ai eu le sentiment de participer à une cérémonie religieuse, ou presque – c’est quoi, le mot déjà ? - , quelque chose qu’on pourrait presque dire, ou, c’est ça : sacramentel. »

« Les gays et les lesbiennes ont bien le droit de se marier, de nos jours, pourquoi on pourrait pas épouser son GPS ? Où est le mal ? Je croyais qu’on vivait dans une société d’ouverture, de tolérance, sans exclusion… Allez, qu’est-ce que tu en dis ? Epouse-moi, viens vivre avec moi et sois ma femme. Qu’est-ce que tu me réponds ?

Continuez tout droit sur l’autoroute. »

Marjolaine

Publié dans Conseils de lecture

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Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

Publié le par musy

Adichie Americanah Gallimard

Adichie Americanah Gallimard

Le livre :

Ifemelu est une belle jeune femme Nigériane. Poussée par son rêve américain, elle quitte l’Afrique pour rejoindre les Etats-Unis. Elle laisse son passé et Obinze, son amoureux de toujours. Mais arrivée à Philadephie, elle réalise le regard de la société américaine sur elle : sa couleur de peau est avant tout son identité. Ifemelu découvre le racisme qui sévit au quotidien dans la société américaine. Elle décide bientôt d’ouvrir un blog pour partager ses idées et sa vision de la société qui l’entoure...

Autour du livre :

Merci à Sandy, de mon club de lectrices, de m’avoir prêtée ce livre.

J’ai beaucoup aimé ce roman d’Adichie, auteur dont j’avais découvert le style puissant dans  « L’autre moitié du soleil », évoquant la déclaration d’indépendance du Biafra du Nigeria.

Un roman au sujet passionnant : le fait de ne pas se sentir intégrée du fait de sa couleur de peau et de ses cheveux  dans un pays qui se dit pays de la liberté et où chacun peut  en théorie réaliser ses rêves...

L’intérêt d’Ifemelu pour la candidature d’Obama à la présidence américaine m’a beaucoup intéressée car j’avais été passionnée par la candidature de cet homme de par la richesse de son parcours personnel et tout le symbole qu’il représente pour les noirs américains. Je vous recommande de lire « Les rêves de mon père : histoire d’un héritage en noir et blanc », biographie faite par Obama lui-même, qui est très intéressante et dont parle Ifemelu dans le roman. Dire que l’esclavage américain puis la ségrégation ne sont pas si loin d’aujourd’hui et que le racisme sévit encore…

Le fait qu’Ifemelu commence un blog pour s’engager dans un combat littéraire et social me touche car je suis persuadée que les blogs sont des plateformes d’expression formidables pour diffuser de la culture, des idées et tisser du lien humain.

On peut d’ailleurs lire des passages du blog d’Ifemelu comme des petits essais sur tel ou tel sujet social.

Un roman très intéressant  à découvrir porté par l’humanité d’Adichie, son humour, sa perspicacité sociale et politique…

Chimamanda Ngozi Adichie est une auteur nigériane née en 1977. Découvrez son portrait rapide fait par l'émission de La Grande Librairie à laquelle elle avait participé en janvier 2015.

Le roman est en cours d'adaptation cinématographique (date de sortie inconnue).

Les citations :

« Mes cheveux épais et naturels feraient leur effet si j’avais un entretien pour être chanteuse dans un orchestre de jazz, mais il faut que j’aie l’air professionnel pour cet entretien, et professionnel signifie avoir les cheveux raides. S’ils devaient être bouclés, il faudrait que ce soit des boucles de Blanche, souples, ou au pire des anglaises, mais jamais des cheveux crépus. »

« Cher Noir non américain, quand tu fais le choix de venir en Amérique, tu deviens noir. Cesse de discuter. Cesse de dire je suis jamaïcain ou je suis ghanéen. L’Amérique s’en fiche. Quelle importance si tu n’es pas « noir » chez toi ? Tu es en Amérique à présent. »

« (…) en Amérique ce sont les Blancs qui ont ce pouvoir. Comment ? Et bien, les Blancs ne sont pas traités comme de la merde par les classes supérieures  afro-américaines, les Blancs ne se voient pas refuser des prêts bancaires ou des hypothèques uniquement parce qu’ils sont blancs, les jurys  noirs n’appliquent pas aux criminels blancs des peines plus lourdes qu’aux criminels noirs pour des crimes identiques, les policiers noirs n’arrêtent pas les Blancs au volant de leur voiture, les entreprises noires ne refusent pas d’engager quelqu’un parce que son nom a une consonance blanche, les enseignants noirs ne disent pas aux écoliers blancs qu’ils ne sont pas assez intelligents pour devenir médecins, les politiciens noirs n’inventent pas des stratagèmes destinés à réduire les possibilités de votes des Blancs en manipulant les règles électorales, les agences de publicité ne disent pas qu’elles ne peuvent pas utiliser des mannequins blanches pour promouvoir des produits de luxe sous prétextent qu’elles ne représentent pas l’image du « chic » aux yeux du « grand public ». "

Marjolaine

Publié dans Conseils de lecture

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