Dépression verte
Pour me lancer un autre défi d'écriture, je m'essaye à la rédaction de sketchs de théâtre.
Ils paraîtront sur Musyblog régulièrement et seront aussi sur inlibroveritas qui accueille déjà mes autres textes.
Voici le premier intitulé :
Dépression verte
ça ne va pas. J'en peux plus. J'ai envie d'en finir.
J'ai le moral à plat. Je suis replié sur moi-même, prostré sur le sol et même je crache.
Je ne "l'ouvre" plus comme on dit. Je reste dehors sans me soucier des intempéries.
On peut bien me marcher dessus, ça m'est égal.
Le reste du monde m'indiffère. Je suis dans une vraie spirale infernale dont je n'en vois pas le bout.
Pouetant, avant, j'avais de la classe. J'étais mince et dynamique.
J'allais volontiers m'occuper des autres et leur apporter mes compétences.
J'étais infatigable, toujours prêt à rendre service.
A présent, c'est fini.
Mon métier ne m'intéresse plus. Travailler dans les parcs et jardins ne me branche plus.
Je ne veux plus m'occuper d'aucune plante verte ni aucune fleurs.
Qu'elles crêvent sans moi.
Je ne veux plus être la bonne poire de service qui fait des heures supps quand les autres ne foutent rien.
Je n'obéirai plus au doigt et à l'oeil quand on me l'ordonne.
Je ne passerai plus mes journées comme un véritable tourbillon, à vérifier que chacun reçoit bien ce qu'il lui faut.
On me dit d'être altruiste, de me secouer, de rebondir, que je suis un bienfait pour l'environnement et qu'on ne va pas me tenir par la main sans cesse, que je dois être autonome.
Plus rien ne me touche.
Je crois que je n'en peux plus d'être un tuyau d'arrosage.
Marjolaine Derkenne